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Cette Crucifixion de Miguel Gonzalez, Mexicain du XVIIe siècle, changea de mains contre 434 200 €.Avenir serein pour la salle de ventes d'Ixelles qui trouve des choses de qualité.
Le quartier de l'avenue Lepoutre a bien de la chance, quand on voit le nombre de commerces d'art qui se trouve là dans un périmètre de moins d'un kilomètre. C'est une sorte de Sablon éparpillé grâce à quelques antiquaires, grâce aux salles de ventes et surtout grâce aux galeries d'art contemporain. La nouvelle Galerie moderne, en profite, comme elle bénéficie de sa proximité avec Alexandre Millon, un des plus importants commissaires-priseurs de France.
La dernière vente répartie en deux jours, le 5 et 6 octobre aura vu 80 % des lots changer de mains. 2000 personnes étaient inscrites sur les plates-formes et pas moins de cinquante-deux pays se posaient en candidats, afin d'acheter. Les alertes et les mots-clés permettent à des amateurs situés dans tous les horizons, de participer aux ventes. Et, après payement de la pièce convoitée et des frais d'envois, les lots partent autant à Bercheux qu'à Portland.
La perle de ces deux jours de ventes se trouvait dans une composition figurant une Crucifixion, remarquable, entre autres, par ses incrustations de nacre. On nomme cette technique l'enconchado. C'était un triple panneau de 60 x 81 cm, dûment signé de Miguel Gonzales (1664-1704), artiste actif au Mexique. Hors frais, le tableau a été vendu à 344 000 €, sur une fourchette d'estimations de 200 000 à 300 000 €.
Collections royalesAvec les frais, cela donne 434 200 € et ça, c'est le site de Millon qui le révèle. Miguel avait un frère, Juan, et ils étaient célébrissimes en cette Nouvelle Espagne de la seconde moitié du XVIIe siècle. On trouve de leurs œuvres, au Metropolitan Museum de New York, dans les collections royales espagnoles et dans le musée national de Tepotzotlan, au Mexique, au nord de Mexico, vers Coyotepec, comme chacun sait! Un antiquaire de Buenos Aires, qui participe aux TEFAF de Maastricht et de New York, Jaime Eguiguren, posséda une de leurs compositions. Il s'agissait de la Découverte du tombeau du Christ, vide. Par contre, le beau et grand tableau flamand montrant une Adoration des bergers, dans une couronne de fleurs, ne trouva pas preneur à 4000 €.
Dans un tout autre genre, une Composition d'Yves Zurstrassen, peinte en 2009, changea de cimaises contre 19 000 € plus les frais, sur une base de 12 000 €. Le premier jour, il y eut également des prix étonnants pour des bijoux et des montres. On retiendra un collier du XIXe siècle, en perles d'agate Dzi, provenant du Tibet. Annoncé à 300 €, il a changé de cou contre 13 000 €, plus les frais. Juste après, une bague en platine enserrant un brillant de 9,5 carats, passa de 25 000 € à 116 000 €, plus les frais. Les résultats se trouvent sur le site de la salle.
Philippe Farcy