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Haute qualité à Ixelles
Une vente de tableaux modernes et anciens vaut le détour à la Galerie Moderne. Aperçu en urgence.
La vacation est prévue ce mercredi 7 octobre sur la chaussée de Waterloo où la salle ne peut recevoir guère plus de vingt personnes dans ses espaces. L'exposition avait eu lieu ce week-end passé au Cercle Gaulois, ce qui est une bonne idée et donne du prestige aux collections présentées. D'autant que les espaces de la galerie sont minuscules. 248 lots sont programmés et la qualité est bien présente, surtout du côté des tableaux anciens. Nous resterons donc sur ces derniers, présentés en seconde partie de vente.
On remarquera d'emblée que les estimations sont assez solides, presque trop, quand on sait que les amateurs se font capricieux et aiment sentir que l'on ne leur tient pas les brides. Espérons que cela ne freine pas les envies d'achats, car un lot non vendu sur une scène publique est brûlé pour plusieurs années.
Adorations diverses
C'est le cas notamment pour un triptyque flamand peint sur des panneaux de chêne, du début du XVIe siècle, figurant au centre une Adoration des Mages. À gauche, on y voit une Annonciation et à droite une Nativité. L'œuvre est donnée à un suiveur de Pieter Coeck van Aelst, à raison, car le traitement des drapés est un peu faible. Du coup, les 15 000 à 20 000 € d'estimation semblent une réelle gourmandise.
La stratégie opposée concerne le lot suivant, à savoir une autre Adoration, des bergers cette fois, sur une autre composition flamande. C'est une grande toile de 120 x 98 cm, superbement peinte, surtout les fleurs qui animent les quatre flancs. L'œuvre n'est pas attribuée, mais la qualité est là, superbe. Dès lors, les 4 000 à 6 000 € espérés sont un cadeau. On retombe dans la gourmandise pour une autre toile anversoise cette fois, du milieu du XVIIe siècle. On essaye d'y voir l'Intérieur de l'église Saint-Charles-Borromée, de la Métropole. C'est tellement obscur que l'on n'y voit rien. On espère que la salle vend deux ou trois spots avec le lot. La toile mesure 81 x 116 cm et semble signée de JB Peeters (1650-1730, dates incertaines). La salle en voudrait de 4 000 à 6 000 €. De nouveau dans le vent contraire, on trouve deux effigies du Christ à mi-corps, dont une à fond d'or, annoncées comme des écoles espagnoles du XVIIe siècle. Les estimations évoluent entre 300 et 800 €, c'est bon marché, car la qualité est réelle.
Le chef-d'œuvre du jour est une Crucifixion d'un peintre mexicain du XVIIe siècle. Il s'agit de Miguel Gonzalez (1664-1704). Le panneau, superbement signé, mesure 60 x 81 cm. Il est évalué entre 200 000 et 300 000 €. L'expertise de l'œuvre a été effectuée par le parisien René Millet, ancien élève de l'École du Louvre et grand sonneur de trompes de chasse devant l'Éternel. On le verra peut-être au superbe concert de sonneurs annoncé au studio 4 de Flagey, ce 18 octobre ; qui sait ?
Philippe Farcy